L’homme seul # 45 § La détention. ©

9 février 2010

Ils ont beau l’appeler ‘chambre’, c’est une cellule et on dort mal dans une cellule. L’héau, tu n’as jamais dormi dans une cellule. On y dort mal. Mais j’ai aussi déjà dormi sur le plancher de béton du sous-sol d’un militant socialiste dans les années ’60 à Québec et tout ce à quoi j’ai pensé cette nuit-là c’était la cuisse de la fille superbe qui était couchée à côté de moi dans mon sac de couchage. Comment dormir dans de telles conditions ? À un moment donné elle s’est tournée vers moi et nous avons passé la nuit collés comme un vieux couple. Je t’évite les détails licencieux ! Je crois que c’était une manif à Québec contre le premier ministre Bertrand et le bill 63. Quelle aventure !

Vais-je passer me première nuit à me tourner 20 fois ? Que veulent-ils de moi ? M’examiner pour comprendre comment il se fait que je ne sois pas un mort vivant ? Me confier des tâches spéciales ? Faire de moi un tueur comme dans le film « Nikita » ? Pourtant je n’ai rien fait d’illégal compte tenu que le système de droit est inexistant. Voudraient-ils me transformer en zombie car ils ne tolèrent pas les exceptions ? Sont-ils responsables de ce virus qui a frappé la population mondiale il y a deux ans ? Si c’est le cas, ils seraient alliés avec d’autres forces militaires mondiales. L’ONU ? L’OTAN ? Ce mal est-il arrivé lentement avec les différents vaccins qu’on nous a « proposés » ces dernières années ?

Au beau milieu de mes cogitations, une petite porte s’ouvre dans la porte de mon cachot. Le gardien heurte la porte avec ses clés et crie « à la soupe ». Je prends le plateau qu’il pousse. J’y distingue un bol de soupe et une assiette avec des tranches de pain rassis. La soupe est un amas de chou trop cuit. J’en mage la moitié. L’assiette contient une tranche de pain de viande. Mais quel peut bien être la viande composante ? Ont-ils leurs propres troupeaux ? Ça ne m’étonnerait pas…

Bref, je ne mourrai pas de faim mais je ne ferai pas de tissus adipeux ici ! Soit. De toute façon, je me suis préparé au pire dans le passé et je suis en mesure de réactiver cette force qui m’habite. Je m’étais préparé à devenir un de ces hommes de fer que le Che voulait créer pour voir s’embraser la révolution dans toutes les Amériques. Je m’étais préparé à être condamné plusieurs fois à perpétuité comme Pierre-Paul Geoffroy qui a reçu la peine de prison la plus sévère de toute l’histoire du Commonwealth britannique alors que la bombe qu’il aurait mis à la Bourse n’avait fait aucune victime. Son tort le plus grave avait été de s’attaque au symbole même du système capitaliste. Diable, il faut se souvenir l’héau.

Alors qu’ils me gardent dans un trou de deux mètres cubes et ils ne me casseront pas. Ils ne m’auront pas ni par l’hypnose ni par le sérum de vérité. Mais ils ont des moyens que je ne connais pas comme la lecture sur les tomographies du cerveau. Je sais que ça existe mais j’ignore si je peux résister à cela. Mais au fait, que sais-je qu’ils voudraient apprendre ?

Je m’étends sur mon lit qui ressemble davantage à une natte grossière toute hérissée.

Le français doit beaucoup à l’algonquin

8 février 2010

Il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas reconnaître qu’il existe du racisme au Québec (et ailleurs) à l’égard des Amérindiens. Nous devons beaucoup à plusieurs peuples Amérindiens. Le vocabulaire n’est pas le moindre cadeau qu’ils nous ont fait. En voici des preuves bien palpables.

Le mot achigan signifie « celui qui se débat »

Algonquin (algumakin) « où l’on pêche au harpon »

Le caribou « qui creuse avec une pelle », parce qu’il creuse la neige pour trouver sa nourriture.

Le mot iroquois est une déformation d’un mot algonquin qui signifie « vraies vipères ».

La manitou signifie « grand esprit ».

Dans la rivière noire à Acton Vale les pêcheurs prennent des maskinongés « brochet difforme ou très gros ».

Le mocassin nous vient aussi des algonquins.

La pacane constitue un emprunt à un dialecte algonquin, qui nous est venu par le français de Louisiane.

Le pemmican, une préparation de viande concentrée et séchée (utilisée notamment par les explorateurs, les chasseurs, etc.) provient de pimikkân, de pimü « graisse ». L’homme seul en a toujours dans ses bagages d’urgence.

Même le mot québécois dérivé de Québec (la ville) nous provient des Algonquins. Il signifie « détroit, resserrement, escarpement ». Je sais que plusieurs savent. Je l’écris pour ceux et celles qui ne le savaient pas ou l’ont oublié. Cette contribution est majeure dans notre identité en tant que peuple !

Le toboggan provient d’un mot d’origine algonquine otaban « traîne », repris au canadien.

tomawak ou tomahawk tomahauk ; mot anglais d’une langue du groupe algonquin

Enfin le mot wigwam qui est passé par l’anglais en français signifiant « leur maison ».

Le Petit Robert contient 29 mots algonquins repris par le français. Il y en a sûrement beaucoup d’autres. Si vous en connaissez, soulignez-les dans les commentaires !

Merci frères Algonquins !

L’homme seul # 44 § L’arrestation ou plutôt l’enlèvement… ©

7 février 2010

Le camion roule dans une direction que j’ignore. J’ai les yeux bandés et deux sentinelles à mes côtés. Comment savoir où nous allons ? J’ai l’impression que nous roulons depuis 15 minutes mais au début, nous avons tourné en rond pour me désorienter, je crois. Le camion s’arrête en me projetant presque au sol.

La question ne m’était pas arrivée à l’esprit avant d’être capturé mais comment se fait-il que l’armée soit la seule organisation qui me semble exclue de la tragédie ? Quelques militaires auraient pu survivre mais là, j’ai l’inconfortable impression qu’ils ne sont pas désorganisés comme le reste de la population devenue zombie.

Aurais-je jamais des réponses à mes questions lancinantes ? Alors que je me questionne, mes deux gardes-chiourmes me soulèvent de mon siège et m’entraînent sans ménagement vers l’arrière de la boîte du camion. Ils ont dû lever la bâche car je me rends compte que nous sommes le jour. Un peu de lumière perce mon bandeau.

Ils me poussent…dans les mains d’un complice au sol. J’entends les deux gardiens descendre du camion. Ils me reprennent en main et m’entraînent. Nous marchons un peu et entrons dans un bâtiment. Tout de suite l’odeur de la moisissure me prend à la gorge.

- Où m’amenez-vous, que je demande

- T’inquiète tu seras bientôt rendu, me répond platement un des geôliers.

- Mais où, merde, dis-je

- Restez poli monsieur, nous n’avons rien contre vous.

- Pas vous peut-être mais vos supérieurs !

- Vous verrez. Je vous suggère de rester calme en tout temps. Vous n’avez jamais été appréhendé ?

- Souvent dans les années ’60 mais jamais par l’armée qui, en principe n’est pas faite pour arrêter ses citoyens ! Surtout pas lorsqu’il en reste juste une poignée…

- Vous voilà arrivé à votre chambre.

J’entends une porte de métal couiner comme la porte du haut-côté de Séraphin. On me pousse doucement à l’intérieur. J’enlève prestement mon bandeau. Je suis dans la pénombre. La porte se referme derrière moi. Je distingue un lit, une table, une chaise et une cuvette d’aisance. Un petit lavabo aussi. Je me demande où ils ont emmené César. J’espère qu’il ne s’est pas énervé…

Que me réservent les jours à venir ? Un poids pèse sur mes épaules.

L’arabe une langue étrangère ?

6 février 2010

Il y a plusieurs fenêtres par lesquelles la civilisation arabe a influencé la culture française. Je ne les ouvrirai pas toutes aujourd’hui mais je m’appuierai sur le dormant de l’influence lexicale.

Le Petit Robert nous donne 416 mots français dont l’étymologie, donc l’origine, est arabe. C’est peut-être peu sur 60,000 mots mais voyez l’importance de chacun de ces mots dans l’histoire de l’Occident !

Que ferions sans abricot ? Vous n’aimez pas ? Alors sans alambic vous ne me direz pas que certaines fortunes canadiennes et états-uniennes ne se seraient pas construites dans la plus pure illégalité ! Et l’alchimie si populaire durant des siècles : origine arabe elle aussi ! Fantastique, non !

Et puis il y eut l’alcool si rapproché de l’alcôve ! Ah vous ne saviez pas que vous vous enivriez en arabe, hein ! Vous en perdez votre algèbre ? Pas grave, suivez l’algorithme, ça fera une belle amalgame !

Le mot amiral provient d’âmir, chef. L’arsenal des artichauts assassins provient aussi de nos frères arabes. Une autre plante potagère prisée par plusieurs, l’aubergine provient de l’arabe et remonte au persan.

Remarquez que nous ne sommes toujours que dans les « a » ! 416 mots, ça vous meuble une conversation !

Vous voulez donner votre aval pour que cette avarie soit réparée ? Prenez d’abord votre café. Pas toute une carafe quand même ! Vous en perdriez votre bague 25 carats ! Vous deviendriez tout cramoisie après être passée par l’écarlate. Quel échec vous ressentiriez !

Ne fais pas le fanfaron avec ta guitare. Oui c’est kif-kif, je te lime le nez ! Ne fais pas le maboul avec ton luth. Tu sais que je n’aime pas aller au magasin.

Ne sois pas marabout, tu n’es pas sur le matelas. Je vais te faire remettre une belle orange. Rame un peu ! Nous partirons en safari sans tambour ni trompette. Le tarif sera peu élevé.

Même le zéro et le zénith sont des emprunts à l’arabe !

Convaincus ? Nous sommes tous en interaction. Nous sommes tous parents.

Assez de racisme.

Tous les mots en italique gras sont d’origine arabe.

J’ai dit !

Note: la liste des 416 mots incluant ceux présentés ici est tirée du Petit Robert édition électronique 1.0 de 1996. La fonction recherche par critères est très puissante et permet d’obtenir des listes étonnantes !

L’homme seul # 43 § La découverte. ©

5 février 2010

Il fait froid sans chauffage et même s’il y en avait, nous ne pourrions nous en servir car ce sont les sources inusitées de chaleur que la soldatesque recherche. La nuit, César se colle sur moi et sa chaleur me permet de m’endormir. Impossible aussi de cuisiner des plats chauds. Combien de temps pourrais-je tenir dans ces conditions pénibles ? Donnons-nous quelques semaines pour voir la suite des choses. Nous vivons dans l’urgence à l’intérieur d’une situation déjà urgente comme des tables gigognes.

Je n’ai pas fini de formuler ma pensée qu’une voix de stentor rugit dans un porte-voix dehors. « Sortez, vous êtes cernés. Levez les mains en l’air et ouvrez-les. Tout maniement d’arme provoquera un tir préventif de notre part. Je répète, sortez… »

Merde César, ils nous ont trouvé…mais comment ? Encore les traces dans la foutue neige. Ah celle-là m’aura fait suer toute ma vie. Allons-y mon vieux, mais reste calme. Si tu t’énerves, je suis sûr que ces abrutis vont te tuer. Ce sont des tueurs patentés. Doux mon chien si tu veux qu’on ait une chance de se retrouver. Avant de sortir, je jette un regard par la fenêtre ovale de la porte d’entrée. Il y en a beaucoup : sur le toit en face, sur les côtés de la maison en face, derrière un petit blindé à chenille, etc. J’ouvre la porte prudemment et je lève les deux bras en respectant la consigne.

« Avancez de 10 pas et tournez-vous. » J’obtempère. Sois sage César, hein ! J’essaie de lui transmettre mon énergie et ma confiance mais ce petit diable à quatre pattes doit bien se rendre compte que nous sommes dans de mauvais draps. Ces bêtes ressentent les émotions très fortement. César jappe. Silence, lui dis-je. « Retenez bien votre chien crie la grosse voix de sergent. » Je crie un oui sans nuances. Trois militaires, armes pointées et doigts sur le chien avancent vers moi. L’un d’eux laisse tomber l’arme sur son flanc et m’ordonne de me tourner. C’est la fouille. Tout y passe et malgré la tension, peut-être même à cause de la tension, je rigole car il me chatouille en fouillant mon ventre et mes flancs. Je sens qu’il durcit sa fouille à ce moment.

Les deux larrons me saisissent chacun par un bras et m’entraînent vers un camion bâché un peu plus bas sur la rue. Ils me traînent comme si je pesais une plume. Ils mesurent au moins 1 m 95 ! Je regarde derrière et j’en vois un autre qui musèle César.

-Où l’amenez-vous ?

-Pas de vos affaires.

-Mais c’est un chien brillant !

-Silence monsieur.

-Où m’amenez-vous ?

- …

-Où m’amenez-vous ?

Je n’obtiendrai rien de ces balourds. J’ai peur. Mais en même temps, je suis heureux de rencontrer des humains même en demi-portions.

Quelques flashes d’André Comte-Sponville : richesse, gauche, suicide et le reste.

4 février 2010

« Il est bon par les temps qui courent, de relire parfois le vieil Engels : ‘La basse cupidité fut l’âme de la civilisation, de son premier jour à nos jours, la richesse, encore la richesse et toujours la richesse, non pas la richesse de la société, mais celle de ce piètre individu isolé, son unique but déterminant.’ Qui oserait dire que cela n’est plus vrai aujourd’hui, ou que cela l’est moins ? « 

André Comte-Sponville, Impromptus, PUF, Collection Perspectives critiques, 1996, page 27

J’ajoute : qui oserait oublier Marx et Engels dont les idées, même si déformées quelquefois (ou souvent) ont eu un tel impact sur l’histoire du monde ?

***

« Je n’en reste pas moins persuadé que la morale, dans son principe, est de gauche, comme toutes les valeurs (oui: même la liberté, même la patrie), puisqu’elle ne fait aucune acception de personne ni de richesse, puisque la gauche ne saurait exister sans elle, ni contre elle: pour être de gauche, on a besoin de valeurs, d’idéaux de principes, alors que pour être de droite, comme chacun sait, et c’est le coup de génie de la droite, son intelligence spécifique, son bien-fondé propre, qui la voue à la victoire peut-être perpétuellement, que pour être de droite, donc, et c’est presque une définition, les intérêts suffisent. Que s’y ajoute une morale, chez la plupart, nul ne l’ignore. Mais elle s’y ajoute, alors qu’elle est au principe de l’autre camp »

André Comte-Sponville, Impromptus, PUF, Collection Perspectives critiques, 1996, pages 30-31

N’est-ce pas intéressant comme point de vue ? Cela expliquerait les difficultés de la gauche de gagner le pouvoir puis d’y rester sans se dénaturer : elle affronte des intérêts irréfrénés, colossaux.

***

« Les stoïciens y voyaient plutôt la réussite ultime, qui venait, pour le sage, clore une longue suite de triomphes. Pourquoi non ? Le suicidaire ne meurt pas davantage que les autres, et pas plus tôt que beaucoup. Il meurt différemment, certes, puisqu’il meurt volontairement. C’est pourquoi aussi, parfois, il meurt mieux. »

André Comte-Sponville, Impromptus, PUF, Collection Perspectives critiques, 1996, pages 97-98

Plutôt marginal comme vision mais intéressante. Ce qui ne devrait pas nuire à la prévention car le suicide accompagne souvent la maladie et n’est pas souhaitable. N’oublions pas de Comte-Sponville est un philosophe et que la philosophie est radicale. Il faut aussi lire le reste de ce qu’il dit sur le suicide. La preuve ? Lisez l’extrait suivant.

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« Il s’agit, ni plus ni moins, de gagner du temps sur l’inévitable, de devancer le néant, de prendre le destin, si l’on veut, de vitesse. Le suicide n’est ni l’infamie que certains condamnent ni l’apothéose dont d’autres se réclament. Évitons louanges et diatribes.  Le suicide n’est ni un sacrilège ni un sacrement, ni une apothéose ni une apostasie. C’est un chemin de traverse, simplement, le plus bref, le plus radical, une échappée sur rien, une anticipation de l’inéluctable. C’est un raccourci définitif. »

André Comte-Sponville, Impromptus, PUF, Collection Perspectives critiques, 1996, pages 100-101

J’ai lu !

Arcangelo Corelli le méconnu; le violon du pape

3 février 2010

Je viens de terminer l’écoute des œuvres complètes de ce grand musicien, encore un Italien ! C’est qu’ils étaient forts en musique et dans les autres arts au XVIIe et XVIIIe siècle. Ce coffret est publié par les fascinants « Brilliant Classics » sous le titre : Corelli l’œuvre intégrale !

Né en 1653 (1), il vivait à Rome qui était un endroit très favorable aux arts en général et à la musique en particulier. Les papes et les cardinaux aimaient la musique et se montraient généreux envers ses créateurs. L’opéra et l’oratorio dominaient la scène musicale et il fallait que sa musique soit excellente pour que Corelli se taille une place dans le cœur des Romains. Il a joué avec Alessandro Scarlatti, le père de Domenico que je vous ai déjà présenté ici.

Il jouait le violon et dirigeait aussi les orchestres qui jouaient la musique préférée des Romains en moyens financiers. Durant les pauses entre les oratorios, il jouait des sonates pour violon et des concerti grossi qu’il avait écrit. Il a suscité beaucoup d’intérêt en Europe et a inspiré Händel ! Ce n’est pas rien.

Il a été sous-estimé. Il est né une bonne génération avant Bach et Händel et il les a influencés ainsi que Vivaldi, Couperin et Telemann, entre autres ! Il fut un pionnier de son art. De plus, il resta célèbre bien après sa mort en contraste avec Bach et Vivaldi qui furent exclus du devant de la scène avant même leur mort et sont tombés dans l’oubli presque partout ! J’ignorais cela totalement et en suis abasourdi.

On l’appelle souvent le fondateur de la technique moderne du violon, le plus grand violoniste et le père du concerto grosso même s’il existait avant lui. À la fin, il fut devancé de beaucoup par Bach et Händel dans la mémoire universelle. Il est davantage connu par les initiés, les pédagogues et autres spécialistes. Il a donné au violon sa notoriété car en son temps c’était un instrument relativement récent.

Sa célébrité de violoniste aurait ressemblé à celle atteinte par Paganini au XIXe siècle. Il a écrit peu mais de nombreuses œuvres qui pourraient être de lui n’ont pas encore été authentifiées.

Je vous inclus 3 extraits que j’ai choisis sur You Tube. Malheureusement pour grenouille, on ne voit pas les petits bonshommes jouer des instruments:

-  Le concert de Noël (deuxième partie) (Concerto fatte per la notte di Natale)

- La Pastorale (del Concerto de Navidad)

La chaconne en sol majeur

En explorant You Tube vous pourrez écouter plusieurs autres pièces majeures. Bonne écoute !

__________

(1) Tous les faits inclus ici proviennent du petit livret inclus dans le coffret de 10 cd de l’auteur. L’auteur du texte est M. Clemens Romijn que je remercie de m’avoir introduit à l’histoire de Corelli et son œuvre. L’original est en anglais que j’ai traduit librement. J’avais déjà entendu de ses œuvres mais je ne le connaissais que très peu.

Chroniques du babillard : qui est l’autre ?

2 février 2010

La surprise de taille que j’ai réservée à l’autre est en place. Au moment de l’exécution, une dame plutôt âgée attendait l’ascenseur. Je me suis dit que je ne devrais pas la prendre en grippe puisqu’elle est peut-être cette autre qui joue le grand jeu avec moi. J’ai donc fait semblant d’écrire un texto et j’ai attendu qu’elle prenne l’ascenseur. Si elle est l’autre, elle est bonne joueuse et rusée !

Me voilà seul dans la salle d’attente des ascenseurs. Des curieux peuvent arriver de deux portes différentes : celles des remises ou débarras et les deux garages, le grand et le petit. Pour ce qui est des ascenseurs, un témoin s’éteint lorsqu’un des deux arrive au sous-sol. Le vrai danger vient donc de la porte qui mène aux deux garages. Des gens peuvent arriver sans tambour ni trompettes. Je me risque. J’ouvre la porte du babillard et j’enfonce une punaise rouge dans le liège. Sans attendre, je pousse dare-dare le bouton d’appel de l’ascenseur. J’ai bien hâte de voir comment l’autre va réagir. J’ai l’air comme ça de passer ma vie à cette activité bien puérile, j’en conviens, mais ce n’est pas vrai. J’y pense 5 à 10 minutes par jour tout au plus. Je n’inclus pas l’écriture de ce billet. Ce serait me tirer dans le pied. Alors s’il vous plaît, relativisons ! Je fais juste ouvrir le rideau sur le plateau de mon quotidien curieusement intéressant de retraité semi-endurci (bientôt 2 ans !).

J’en arrive à ma grande question. La question qui me chicote durant ces 10 minutes consacrées au babillard de l’immeuble. L’autre est-il un homme ou une femme ? Je sais que pour être politiquement correct, je devrais inclure un transsexuel mais au bout du compte ce dernier ou cette dernière sera un homme ou une femme et ça revient au même ! Ce sont ceux qui insistent sur les transsexuels qui risquent de créer de la discrimination bien que je sache que souvent, le passage d’un sexe à l’autre dure très longtemps et mérite qu’on souligne cette catégorie de population. Je concède et je cède.

La personne, l’autre est-elle jeune, âgée, d’âge moyen ? Éliminons tout de suite un jeune enfant. Je mesure 1m85 et le babillard m’arrive aux yeux ! Une personne plutôt grande ou qui joue sur la pointe des pieds. Après un mois d’analyse de la population rencontrée dans les ascenseurs au rythme de 4 à 6 fois par jour (monter et descendre 2 ou 3 fois), il y a une forte probabilité que la personne ait plus de 50 ans, voire 70. Je n’ai vu aucun enfant et une seule ado depuis le 28 décembre. Et une seule jeune adulte.

Est-ce une personne qui parle l’anglais, le français ou une autre langue. À 90% la personne est caucasienne. Le jeu, de toute façon n’exige la maîtrise d’aucune langue mais plutôt de l’astuce, du chien et un certain affranchissement ludique.

Une autre question qui me tourmente (sobrement quand même) c’est le sens, l’interprétation à donner aux dessins exécutés. Est-ce un jeu seulement ou faut-il que je tente l’herméneutique des tracés empreints dans le liège ?

Je prépare un autre coup fumant suite aux réactions de l’autre à mon coup de ce matin.

J’ai dit !

Le français bien habillé

1 février 2010

- Qui sait que le petit morceau de métal mobile dans la boucle d’une ceinture s’appelle un ardillon ? Un peu plus le savent maintenant !

- Les lignes au nombre de 3 qui ornent les gants classiques s’appellent la baguette. Pourquoi l’école ne nous a-t-elle pas appris cela ? Ces lignes simulent les métacarpes de 3 doigts (1)

- Comment s’appelle la partie du tablier ou de la salopette qui remonte de la taille jusque sur la poitrine retenue souvent par des bretelles ? la bavette.

- Et la pièce qu’on met autour du cou des enfants lors des repas serait un bavoir… Je suis scotché là…

- La plupart des gens (dont moi) qui disent porter une tuque portent en fait un bonnet. Je m’en étais rendu compte en allant en France en 2004 alors que dans la famille où j’étais tout le monde parlait de mon bonnet. J’en ai rougi. Une tuque est un vêtement typiquement québécois qui joue le même rôle qu’un bonnet mais n’est plus porté dans la vie courante sauf peut-être dans les carnavals. Alors je porte souvent un bonnet l’hiver quand ce n’est pas une casquette de type cheminot (comme l’a si bien remarqué un de mes cousins). Comme l’hiver a été doux jusqu’à maintenant, je n’ai pas encore mis mon bonnet. Franchement, je crois que l’usage donnera raison aux porteurs de tuques ! :)

- Ces beaux petits bonnets que portent souvent les soubrettes et qui leur donne un air croquable s’appelle une charlotte.

- Ce que portaient jadis les agentes de bord (qui s’appelaient autrement), une espèce de calotte ronde se nomme en fait un tambourin !

- Le petit morceau de métal des boutons de manchettes qui permet de retenir les deux côtés du poignet de la chemise est une bascule. En effet, une fois inséré dans la fente, on le fait basculer pour retenir le poignet. On ne voit plus beaucoup ces éléments vestimentaires dans mon milieu. Plus jeune j’en ai eu et je n’ai jamais su que cette pièce avait un nom. C’est ce genre d’ignorance qui fera notre perte si nous ne sommes pas plus vigilants comme société. Tout à coup je me souviens que les gens appelaient ça des ‘coffres’, terme issu de l’anglais « cuff link ». Pfff.

- Tiens, là je vais choquer la galerie, la chambre et l’antichambre ! Le mot fermeture éclair quoiqu’accepté généralement et destiné à se maintenir devrait être banni car Éclair était le nom d’une entreprise qui a, une des premières, commercialisé la fermeture à glissière. Ce dernier terme a le mérite d’être plus imagé ! Mais j’essaie de l’adopter depuis 2004 et je l’oublie constamment. SVP formez vos enfants !

À suivre un jour !

__________

Les informations dans ce billet proviennent toutes du « Vocabulaire de l’habillement français-anglais » Céline Dupré en est l’auteure. Cette plaquette de 196 pages a été publiée en 1980 par l’Office de la langue française du Québec.

Voir la vie autrement. La retraite au bout des doigts. Chroniques d’un babillard ?

31 janvier 2010

On me demande souvent comment je vis ma retraite. Après tout une armée bat la retraite lorsqu’elle est vaincue ! Je ne me sens pas vaincu mais seulement mortel.

Voici un exemple de ce que permet la retraite.

En arrivant dans mon nouveau chez moi, au sous-sol, il y a un babillard entre les deux portes d’ascenseur. La direction l’utilise pour passer des messages d’intérêt public. Tiens, la dernière fois c’était pour annoncer une coupure d’eau pour quelques heures nécessitée par des travaux de plomberie.

Il y a seulement 5 punaises sur le liège : 3 jaunes et deux noires. Vous croyez qu’on ne peut inventer un jeu avec si peu ? Foin de vos incrédulités. Au moment où les punaises s’ennuyaient sans avoir de message à tenir épinglé, je me suis pris à ouvrir la petite porte vitrée retenue par un loquet non verrouillé et j’ai placé les 5 punaises baptisées « push-pins » en forme de rectangle allongé enfermant une des punaises cylindriques, une jaune pour éviter les accusations de racisme (il n’y a pas de blanche…).

Quelle folie ! Je ne m’attendais mais vraiment pas à cette réaction. Lorsque je suis repassé le lendemain, une main inconnue avait modifié ma figure géométrique !!! Horreur (et amusement) ! J’ai ouvert la porte et défait le carré parfait qui avait été malicieusement dessiné pour positionner les punaises en un cercle presque parfait (hem, hem).

Le petit jeu a continué comme ça pendant plusieurs jours. Tous les jours, je venais porter des sacs d’objets divers avant le déménagement des « gros morceaux » comme on dit dans cette ville de locataires qu’est Montréal (ça a changé un peu mais cette assertion est toujours vraie).

Un beau matin, je me suis fait avoir mais magistralement. Il n’y avait plus de punaises ! Aucune ! Toutes sortes de scénarios ont monté en moi :

a) la direction avait mis fin à ces enfantillages

b) l’autre avait décidé de voler les punaises pour lui ou elle

c) ???

Et bien NON ! J’avais tout faux. Rien de cela n’était bon comme supposition. Il faut dire que la petite porte en question comporte un cadre de bois qui cache le pourtour du liège. L’autre avait caché les punaises tout autour ! Il m’a fallu une bonne minute pour comprendre le stratagème. C’est court une minute mais passée devant un babillard vide à se poser des questions, c’est long mais surtout bizarre. Heureusement que personne ne m’a surpris dans cette position fâcheuse. Ça aurait pu me faire une mauvaise réputation de départ, moi qui suis encore inconnu pour au moins 140 locataires sur 144.

À ce sujet, j’avoue qu’à chaque fois, mon cœur battait fort lorsque j’ouvrais indûment cette petite porte. Comme celui d’un enfant qui sait qu’il n’a pas le droit de prendre un bonbon dans un plat mais le fait lorsque les adultes ont le dos tourné. Il faut dire qu’après 35 ans de travail et plus, je suis apprivoisé ! À mon travail, nous ne pouvions toucher ni au babillard syndical et encore moins au babillard patronal qui de surcroît, en plein manque de confiance étaient sous clé !

Imaginez ma surprise en voyant ce tableau non barré ! L’animal illicite en moi s’est déchaîné. J’ai pensé à toutes sortes de choses : laisser des messages écologiques car les gens font ici des choses terribles ! Laisser des lettres d’amour à une inconnue. Lettres non signées évidemment ! De quoi faire basculer tous les cœurs féminins de la barre. J’écris barre car notre immeuble ressemble à une de ces barres à loyer modique qu’on voit partout à Lyon ou dans les banlieues bloquer l’horizon (géographique et social malheureusement).

Où tout cela me mènera—t-il ? Je l’ignore. J’aime bien ce genre d’inconnue, moins terrible que ce que connaissent nos frères et sœurs haïtiens. Il faut que l’être manifeste un peu de légèreté pour survivre.

Je pense à une possible suite dans le style « Les chroniques du babillard » car il est vrai que je suis devenu un peu bavard en vieillissant !

Excusez-moi, je pars, je dois aller à la ferronnerie et j’ai une surprise de taille pour l’autre à mon retour ! J

J’ai dit !

L’homme seul # 42 § Exploration de la maison. ©

30 janvier 2010

L’héau, tu voulais savoir à quoi ça ressemble un intérieur asiatique ? Et bien celui-ci est tout ce qu’il y a de plus québécois. Télé au salon, chambres d’ados avec affiches de groupes à la mode. Même du Metallica ! Les pauvres parents devaient bien se demander ce qu’ils avaient fait à leurs ancêtres pour mériter ça…

C’est dans la cuisine que les différences sont les plus frappantes : pots, vases, urnes de toutes tailles, remplies de céréales diverses. Des plantes qui me sont inconnues, des sacs de riz, de racines, des bibelots chinois des symboles inconnus. Mon intuition était bonne. Nous pouvons trouver ici à nous nourrir pour quelque temps. Comme les Chinois ont souvent connu les disettes, ils sont prévoyants. Ces Chinois-ci du moins !

En utilisant des matelas, des bâtons de hockey, des tiges de lampes torchère, je nous construis une hutte au beau milieu du salon des Linh, nos hôtes, euh, obligés. César et moi pourrons y passer des heures, y dormir, manger et patienter au besoin si nous entendons un hélico s’approcher. Au fond, le plus menaçant sont les avions volant très haut et quasi inaudibles. Ceux-là peuvent capter l’irradiation de notre chaleur à notre insu. Pouvons-nous être intoxiqués au plomb ? Sûrement pas autant que ces ouvriers québécois des années soixante-dix travaillant dans une usine de récupération de batteries de voiture. Leurs taux de plomb étaient très élevés.

À mon grand désarroi, je crois que nous ne sommes qu’en sursis face à l’armée. S’ils veulent nous trouver, ils nous trouveront. Nous n’avons pas de Pakistan pour aller nous mettre à l’abri.

Je regarde le soleil plier bagages sur la ligne de l’horizon en nous abandonnant à nos pensées noires.

Le sommeil ne me vient pas. J’ai mal dans tout mon corps de ces activités stressantes menées en urgence. Je dois me relever pour chercher des Tylenol ™ dans la maison. Je trouve de l’acétaminophène « très fort », équivalent. L’héau, veux-tu t’occuper de récupérer les sommes en commandite pour ces pubs ? Merci vieux frère. Nous pourrons aller faire un tour du monde avec tout ce fric ! ;)

Le sommeil tarde encore. Je ne peux m’empêcher de revenir sur cette journée folle et comparer ma situation précaire à celle des millions d’humains victimes du tsunami de 2004, de n’importe quelle mousson dans le golfe du Bengale ou de tout tremblement de terre dévastateur comme celui de l’Iran en 2003 qui avait laissé derrière lui 41, 000 morts. À côté de ça, ce que je vis est léger puisque toutes les ressources de tous sont à ma portée. Ce que je vis est pire sur un seul plan : je n’ai aucun être humain à qui parler et à écouter. Pas évident de se consoler soi-même malgré les bons soins de l’héau et de César.

La belle langue française !

29 janvier 2010

Cette came isole dangereusement.

Je laisse le soin à untel de distiller les petites phrases qui tuent. (Nouvel Observateur)

« Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux. » Ionesco

Rien n’est moins sûr (ce n’est pas sûr du tout).

À l’avenant (en harmonie avec ce qui précède) ex : beaucoup d’humour et une franchise à l’avenant.

Après les échecs répétés du socialisme, « je dois remettre sur l’établi ma grille d’analyse. » (Nouvel Observateur)

Tel projet (exemple le projet Nord de Frisé) ? Un soufflé qui va vite retomber.

« À l’heure où le soleil caramélise les façades. » (Nouvel Observateur)

« L’expérience de Wallraff opère comme un révélateur au sens photographique du terme, du négatif social. » (Gilles Perrault) [je crois qu’il parlait du livre « Têtes de Turcs » où le journaliste germanique Günter Wallraff avait pris une identité turque pour montrer le racisme systémique à l’égard de cette communauté en Allemagne.]

« J’ai tellement écrit que mes doigts sont pris de la terrible crampe du moine. » (Nouvel Observateur)

« Le parti socialiste est désormais le parti légitime de la gauche, ce qui lui assure une sorte de rente de situation : à 30-35% » (Nouvel Observateur)

Des palaces grêlés d’impacts de balles et troués d’obus. » (Nouvel Observateur)

« Il faudra forcément pratiquer des coupes claires. » (Nouvel Observateur) Voilà sûrement ce que se disent les libéraux du Québec. Ils feraient mieux de mettre un frein à la corruption éhontée qui semble dominer dans certaines municipalités et possiblement au niveau du Québec dans son entier. Ils auraient sûrement moins besoin de couper. Mais couper est devenu une affaire idéologique. Voir les velléités de nouveau parti de droite. Ça pue la mesquinerie.

Oui, le Nouvel Obs est un bon formateur en français !

J’ai dit !

L’homme seul # 41 § La résistance rembarre l’adversité. ©

28 janvier 2010

Je n’attendrai pas que ces bouffons en treillis viennent me cueillir comme un chou gras. Je vais déguerpir d’ici au plus vite. J’espère juste qu’il n’est pas trop tard. Je prends ma trousse de secours, j’ajoute quelques boîtes de poisson et hop César, nous partons à l’aventure, les crampes à l’intestin mon vieil nami !

César semble comprendre que le temps presse. Il descend les marches au trot. Tu devrais le voir l’héau comme il a l’air allumé le cabot !

Allons dans Brossard. Trouvons une résidence où vivaient des Chinois. Nous devrions y trouver beaucoup de réserves sèches nourrissantes ! Mais d’abord faisons le tour de quelques bureaux de dentistes proches et allons aussi dans une grande plomberie chercher quoi l’héau ? Et bien, comme le nom le dit, du plomb, des feuilles de plomb. Beaucoup de feuilles de plomb. Savais-tu l’héau que les tabliers de protection des dentistes contiennent des alliages de dysprosium avec du plomb ou des céramiques ? Si si !

Heureusement, sur Victoria, j’ai déjà remarqué de nombreux bureaux de dentistes. Nous arrêtons d’abord près de Green, ensuite plus haut dans Saint-Lambert et finalement près de Saint-Louis. Nous avons 8 tabliers César, c’est un bon début. Nous allons ensuite faire la tournée des plomberies et nous rapportons assez de feuilles de plomb pour couvrir tous les tuyaux de la rue !

Le temps file trop vite. Trouvons dare-dare une maison l’héau. Sur la rue de Saïgon, nous trouvons une jolie petite maison semi détachée. César m’accompagne. Il est midi trente et nous n’avons rien à craindre des mort-vivants. Ils sont engourdis à cette heure. Assez grande famille : deux ados et 3 plus jeunes avec un parent seulement, la mère, semble-t-il. Après la lugubre cérémonie de liquidation, je m’assois sur un sofa avec César. Il doit sentir ma détresse d’avoir à faire ça à des humains.

Nous sommes à environ 15 minutes de notre ancien immeuble. Juste ce qu’il faut pour déjouer les militaires qui vont sûrement chercher plus loin. J’ai tenté, cette fois-ci de couvrir nos traces en attachant un madrier derrière l’auto. Du ciel, ils ne verront que du feu. Au sol, ils pourraient nous repérer mais j’ai fait de nombreuses boucles pour les semer.

J’ai maintenant recouvert tout l’intérieur de l’auto de papier de plomb sauf le pare-brise évidemment !  Au cas où on nous repérerait à pied, j’ai préparé un bouclier avec 3 tabliers de dentiste. Temporaire évidemment. Je devrai reprendre ce travail si la situation se prolonge.

Nous rentrons maintenant dans la maison pour nous fabriquer une hutte couverte de plomb dans le salon de nos hôtes disparus. Le vent s’est levé et la poudrerie recouvre nos pistes. La nature est avec nous aujourd’hui César ! Youppie ! Ouaf, ouaf ! de répondre ce dernier.

La belle langue française !

27 janvier 2010
• Vin de garde : vin à laisser reposer.  Qualité de ce qui se conserve facilement et longtemps (Le Grand Robert). Dans le TLFi : exemple donné sans définition : Ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde (Ac. 1798-1932).
• La vie c’est comme dessiner sans gomme à effacer. (origine inconnue)
• « Quelle heure reptile? Je n’en saurien » (auteur oublié de moi)
• Il ne me connaît ni des lèvres ni des dents (pour paraphraser « ni d’Ève ni d’Adam)
• Sophie, c’est ce que nous fîmes sur ce sofa sans façon! (entendu à la SRC le 14 mai 2007 à l’émission de Monique Giroux de la bouche d’un invité. J’ai ajouté sans façon à la fin)
• Être en cheville avec quelqu’un : bien s’entendre.
• Telle musique est un rince l’âme. (grenouille_3 mai 2008)
• Un des chevau-légers du néolibéralisme (C’est la bonne façon de l’accorder!!!)
• Traduttore—tradittore (traducteur-traître). En Belles-lettres, mon prof de latin avait amorcé l’année avec ce dicton italien. Autrement dit, celui qui traduit trahit souvent le sens de l’original.
• La partie de poker menteur (bluff)
• La droite sent la naphtaline (boule à mites)
• Le conseil des « sinistres » (pour ministres)—par le Canard enchaîné.

• « Il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de tonneau » Mymi

• « Dites-nous de quoi vous avez besoin, nous vous dirons comment vous en passer. » Selon Mymi un leitmotiv chez les politiciens.

• « Comme le disait Jeanne-D’Arc, vous ne m’avez pas cru, vous m’aurez cuite! » (Mymi) Il est possible que ce soit de l’humoriste français Coluche qui est mort dans un accident de moto, suspect aux yeux de plusieurs.

• Vin de garde : vin à laisser reposer.  Qualité de ce qui se conserve facilement et longtemps (Le Grand Robert). Dans le TLFi : exemple donné sans définition : Ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde (Ac. 1798-1932).

• La vie c’est comme dessiner sans gomme à effacer. (origine inconnue)

• « Quelle heure reptile? Je n’en saurien » (auteur oublié de moi)

• Il ne me connaît ni des lèvres ni des dents (pour paraphraser « ni d’Ève ni d’Adam)

• Sophie, c’est ce que nous fîmes sur ce sofa sans façon! (entendu à la SRC le 14 mai 2007 à l’émission de Monique Giroux de la bouche d’un invité. J’ai ajouté sans façon à la fin)

• Être en cheville avec quelqu’un : bien s’entendre.

• Telle musique est un rince l’âme. (grenouille_3 mai 2008)

• Un des chevau-légers du néolibéralisme (C’est la bonne façon de l’accorder!!!)

• Traduttore—tradittore (traducteur-traître). En Belles-lettres, mon prof de latin avait amorcé l’année avec ce dicton italien. Autrement dit, celui qui traduit trahit souvent le sens de l’original.

• La partie de poker menteur (bluff)

• La droite sent la naphtaline (boule à mites)

• Le conseil des « sinistres » (pour ministres)—par le Canard enchaîné.

L’homme seul # 40 § Données de conscience. ©

26 janvier 2010

J’ai toujours pris la part des petits dans la société, sauf exceptions. Maintenant, je me sens encore plus petit qu’avant, plus démuni malgré mon courage. Du peuple français lui-même si petit au Canada et surtout en Amérique, aux chauffeurs de taxis qui luttaient contre la compagnie Murray Hill jouissant de privilèges à l’aéroport de Dorval dans les années ‘60, aux chômeurs de Saint-Henri, laissés pour compte des années florissantes de la décennie soixante, aux toxicomanes et prostituées de Montréal victimes des prédateurs mafieux, je me suis toujours dit que les plus hautes valeurs humaines et les objectifs les plus nobles devaient nous pousser à prendre la défense de ceux-là et de bien d’autres.

Je vois d’ici les psychologues bourgeois se raidir sur leur chaise et pointer du doigt ceux qui se prennent pour des sauveurs. Ils préfèrent se vautrer dans leur indifférence relativiste invertébrée. Un de mes amis m’a déjà demandé si je me prenais pour Robin des Bois ; il était ironique. Il croyait m’ébranler par cette référence caricaturale à ses yeux. Il est resté bouche bée d’incrédulité. J’étais sérieux ! Ce fut un modèle pour moi comme d’ailleurs les preux chevaliers de la table ronde, légende ou pas ! Il y a dans les valeurs de ces hommes et femmes une puissante raison de vivre dans un monde de petitesse et d’horreurs injustes. D’où la réputation des Matt Dillon et Wyatt Earp de ce monde.

Me voilà donc aussi petit et tout nu qu’un grain de sable sur une plage déserte…ou presque.

Tout cela pour essayer d’oublier que ce matin, je me suis levé avec des traits de griffes partout sur le bras droit comme si j’étais tombé dans les pattes d’un guépard cette nuit. Anxiété ? Puces ? César ? Qui m’a fait ça ? Un animal, moi-même ? César a les griffes plus larges. Ce serait moi alors mais pourquoi ? Puces ou punaises ou anxiété ? Quelque soit la raison, ce n’est pas rassurant. J’ai bien lavé le tout et me suis couvert le bras de polysporin™ mais on dirait que les blessures se sont élargies. Est-ce que je deviens fou ? Suis-je en train de m’automutiler pendant mon sommeil ? Est-ce que je commencerais à avoir des problèmes d’estime de moi ? Fichtre que c’est compliqué un humain. Je ne suis même pas capable de me comprendre, comment comprendre les autres ? Le philosophe, Pierre Bertrand, avait parfaitement raison de dire que nous sommes inconnus à nous-mêmes et que tels nous nous traitons nous traitons aussi les autres. Est-ce la vraie raison pour laquelle je suis seul ?

Je commence à être dépassé pas les événements. Si j’écoutais mon petit radar interne, je ficherais le camp d’ici pour échapper aux dictateurs militaires. L’armée n’est qu’un bras agissant. Si la tête est folle, le bras sera fou et si la tête est bien balancée, le bras peut quand même agir en fou. Alors les risques sont grands d’être bousculé par cette « force ».

Éducation populaire, lutte contre la domination et autres.

25 janvier 2010

L’éducation populaire :

« L’ensemble des démarches d’apprentissage et de réflexion critique par lesquelles des citoyens mènent collectivement des actions qui amènent une prise de conscience individuelle et collective au sujet de leurs conditions de vie ou de travail et qui visent à court, moyen ou long terme, une transformation sociale, économique, culturelle et politique de leur milieu. »

Assemblée générale des OVEP (Organismes volontaires d’éducation populaire) 17 mars 1978. Cité par Monique Ouellette dans « L’éducation populaire au Québec : penser les pratiques,  dans RIAC 2/42 Éducation populaire culture et pouvoir automne 1979, page 77

***

« Une éducation contrôlée par les milieux populaires, faite par eux, pour leur permettre de comprendre leur situation de vie et de travail, et d’intervenir collectivement sur elle peut être un instrument extrêmement puissant de modification de leurs situations sociales. »

Monique Ouellette, L’éducation populaire au Québec : penser les pratiques. Dans RIAC 2/42 automne 1979, page 81

***

 » Nous l’affirmons aujourd’hui haut et fort : non seulement le temps de la domination est-il dépassé, mais c’est l’idée même de domination que nous devons travailler à faire disparaître. C’est notre conviction, fondée sur notre révolte devant le spectacle permanent de l’injustice. »

Journées sociales du Québec (les quatrièmes), Déclaration de Hull, 7-8-9 mai 1999

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« … les valeurs sous-jacentes à l’empowerment…:  c’est-à-dire croire dans les capacités des personnes à identifier leurs besoins, à exercer librement des choix et à effectuer des changements qui leur semblent les plus appropriés, reconnaître la personne toxicomane comme un citoyen à part entière et un être social en relation d’interdépendance avec la communauté. »

Guylène Desjardins, intervenante hors pair, Rapport annuel de CTHM 1997-1998 (Concertation en toxicomanie Hochelaga-Maisonneuve)

***

La présomption d’innocence d’une personne n’a pas été créée hier !  En voici une preuve :

« Flavius Claudius Iulianus (né à Constantinople en 332 après J.C.), Julien l’Apostat… »posa le principe qu’une personne accusée doit être tenue pour innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit prouvée. » »

Will Durant, Histoire de la civilisation, l’âge de la foi, Vol 1, l’apogée de Byzance, la civilisation islamique, Société coopérative, Éditions Rencontre, Lausanne, 1963, page 32

Ce principe avait été antérieurement reconnu en Grèce antique.

L’homme seul # 39 § Bruits et chuchotements. ©

24 janvier 2010

Ça m’écœure que ceux qui ont prétendu que le capitalisme était le meilleur des pires systèmes n’aient pas été contredits. Je continue à penser que le capitalisme est le laisser-faire. Facile ! Marx avait raison et a encore raison quand il décrit les méfaits du capitalisme. De toute façon, avec les toutes dernières interventions titanesques des États mondiaux lors de la dernière crise financière de 2006-2007, on ne peut plus parler de capitalisme au sens propre. Nous vivions au sein d’un genre hybride qui mélange des éléments d’étatisme, de capitalisme et de socialisme.

En me faisant ces réflexions, j’entends un hélico qui fait papoter ses pales au-dessus du fleuve. Tiens, tiens. Qu’est-ce encore ? Des motards héliportés ? Je regarde par la fenêtre.  C’est un immense Chinook à deux pales de l’armée…oui, canadienne. Il se dirige vers nous. Si ça continue comme ça, je vais croire qu’il n’y en a pas eu de catastrophe à voir le nombre de survivants !  Mais je n’aime pas l’armée plus que je n’aime la police. Les régimes totalitaires sont tous dangereux à mes yeux. Que veulent-ils ? L’appareil s’immobilise quelques secondes, un peu trop longtemps à mon goût au-dessus de notre immeuble. César est tous crocs exhibés avec les babines tremblantes. Il me fait presque peur ainsi !

Auraient-ils repérés des êtres vivants avec leur technologie à l’infrarouge ? Ouf, ils repartent. Comment pouvons-nous leur échapper ? Et là mon esprit m’amène vers un déménagement possible…Fuir, fuir où ? S’ils nous ont repérés ici, ils nous repéreront bien ailleurs. Si je trouve une façon de faire parade aux scanners infrarouges, le déménagement pourrait être une solution.

Et comme je l’ai souvent fait dans ma vie, mon esprit me porte à réfléchir à des choses qui m’éloignent du sujet principal pour me laisser poireauter sur une voie de garage absurde. Je me souviens comment les gens étaient lors de déménagements. As-tu déjà vu un humain, à Montréal faire le ménage du logement qu’il quittait ? Pourtant sur les baux c’était écrit de remettre le logement en l’état où il avait été reçu. Je ne parle pas d’un grand ménage avec lavage de murs et plafonds et peinture à l’avenant ! Non ! Juste ramasser sa merde, passer l’aspirateur, laver un minimum la salle de bain et la cuisine de préférence avec des guenillons différents ! Jamais je ne suis arrivé dans un tel logement. Ils étaient toujours infects ou sales, au mieux. Étais-je le seul à faire un ménage même rudimentaire avant un départ ? Sûrement pas mais je ne suis jamais tombé sur un logement dans un état équivalent à celui que je venais de quitter. Ridicule, me dis-tu l’héau ? Toi mon existentialiste à la noix, je vais t’en taper un ridicule. Ce n’est pas ridicule. C’est dans les petits gestes qu’on reconnaît la grandeur ou la mesquinerie. Faut croire que j’avais de la facilité à attirer les mesquins.

Mais ça ne règle pas mon problème de surveillance militaire. Je ne dois pas paranoïer tout de même ! Restons sereins mon vieux César ! ©

Pour réfléchir à la misère ou pauvreté. Une philosophe authentique et un spécialiste de l’empowerment.

23 janvier 2010

« Le premier des principes pédagogiques, c’est que pour élever quelqu’un, enfant ou adulte, il faut d’abord l’élever à ses propres yeux. C’est cent fois plus vrai encore quand le principal obstacle au développement réside dans des conditions de vie humiliantes. »

Simone Weil, La condition ouvrière, Coll. Idées, NRF—Gallimard, 1951, page 169-170

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« Rien ne paralyse plus la pensée que le sentiment d’infériorité nécessairement imposé par les atteintes quotidiennes de la pauvreté, de la subordination, de la dépendance. La première chose à faire pour eux, c’est de les aider à retrouver ou à conserver, selon le cas, le sentiment de leur dignité. »

Simone Weil, La condition ouvrière (Coll. Idées, NRF–Gallimard) 1951, page 170

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«  »L’émergence des pratiques sociales est directement liée à ce que les philosophes du XVIIIe siècle appelaient le « problème des surnuméraires » (Mercier-Josa, 1986), c’est-à-dire l’accroissement plus rapide de la population par rapport à celui des ressources disponibles aboutissant inévitablement à ce qu’une frange de la population soit dépourvue de biens et donc « à la charge » de la collectivité. Cette question de l’accès et du partage des ressources n’est donc ni nouvelle ni résolue. Au fil des temps et des révolutions, les personnes laissées pour compte ont été traitées avec mépris ou condescendance et culpabilisées. Des systèmes philosophiques entiers se sont construits pour justifier et rationaliser le traitement réservé à « la plèbe » (Mercier-Josa 1986). »

Yann Le Bossé, Empowerment et pratiques sociales: illustration du potentiel d’une utopie prise au sérieux, PUQ, Nouvelles pratiques sociales, Vol. 9, no. 1, Printemps 1996, pages 128-129

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Pour répondre au petit king Péladeau

« Si la grande organisation syndicale qui te protège venait à décliner, tu recommencerais à subir les mêmes humiliations qu’auparavant, tu serais contraint à la même soumission, au même silence, tu en arriverais de nouveau à toujours plier, à tout supporter, à ne jamais oser élever la voix. »

Simone Weil, La condition ouvrière, Coll. Idées, NRF–Gallimard, 1951, page 243

Si Péladeau est capable de fermer la porte aux syndiqués pendant 1 an et plus, imaginez seulement ce qui leur serait arrivé sans syndicat !

APPUYONS LES LOCKOUTÉS QUI PUBLIENT JOUR APRÈS JOUR UN JOURNAL DE QUALITÉ: RUE FRONTENAC.COM

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« La notion d’empowerment renvoie traditionnellement à l’acquisition de nouveau droits ou de nouvelles ressources au moyen de la mobilisation collective (Lee, 1994; Yeich et Levine, 1992). Plus précisément, il s’agit d’un terme qui, au fil des nombreuses luttes sociales menées par les mouvements progressistes (syndicaux, féministes, antiracistes, etc.), a cristallisé l’essence des revendications visant à mettre un terme à l’oppression des démunis par les nantis. Par définition, l’empowerment est donc un instrument de progrès social destiné à augmenter l’accès aux ressources des laissés-pour-compte. Loin d’être une nouvelle technique d’intervention, la démarche d’empowerment plonge ses racines dans la volonté de rééquilibrer les pouvoirs au profit des plus démunis. Son introduction au sein des pratiques sociales vise à ramener cette préoccupation au cœur des expériences quotidiennes. »

Yann Le Bossé, Empowerment et pratiques sociales: illustration du potentiel d’une utopie prise au sérieux, PUQ, Nouvelles pratiques sociales, Vol. 9, no. 1, Printemps 1996, page 130

L’homme seul # 38 § Équité et justice pour tous. ©

22 janvier 2010

Je me suis levé avec un sentiment de culpabilité en travers de la gorge. J’étais prêt hier à passer l’humanité complète au tribunal de ma pensée exigeante. À réclamer une société non pas parfaite mais en devenir d’améliorations majeures. Je me lève et je me demande qui je suis pour dessiner une société utopique ?

Moi qui demande une femme qui aurait comme principale qualité d’avoir des bonnets F ou G (à part tout le reste, dont des fesses rebondies) ; qui buvait du cola à cœur de jour ; qui fuyait la présence d’amis quelquefois ; qui mangeait trop de gâteaux ; qui ne donnait pas assez aux causes sociales; qui manquait de constance dans la participation à des actions pour la justice et la paix ; je connais toutes mes trahisons grandes et petites. Aucun crime, ah non ! Mais des bassesses, des déloyautés, de l’inconstance, des lâchetés parfois. Pour qui je me prends ? Pour Socrate qui décrivait une société sans injustice dans Callipolis ? Pour François Rabelais qui décrivait une communauté d’individus vivant heureux et en harmonie à l’Abbaye de Thélème dans Gargantua ? Pour Thomas More qui a créé le terme Utopie avec son œuvre « Utopia » ? Le premier avocat devenu prêtre !

Que rechercherais-je dans une nouvelle société nettoyée de ses scories et déchets ? Un endroit où tous seraient heureux, individuellement et collectivement ; où la justice ne serait pas une justice de classe et où les sentences bonbons peuvent s’acheter mais où les juges seraient comme le juge Bromton, où la justice serait équitable ; où le travail serait distribué équitablement et donnerait du plaisir aux exécutants ;  où la richesse serait accessible à tous; où les ressources seraient utilisées avec parcimonie et accessibles à tous ; où la souffrance n’existerait plus ; où le savoir vivre ensemble serait de mise ; où il y aurait tolérance pour toutes les religions et non religions et ce qui pourrait exister entre ces deux réalités ; où il y aurait la paix.

J’oublie quelque chose ? Pas grave ! Inscris-le dans la liste l’héau. De nombreuses tentatives ont existé dont la moins connue n’est pas le Phalanstère de Fourier. Des obscures, des célèbres, de petites et de grandes, de proches et de lointaines. Toutes ont échoué, à ma connaissance. Ah si je pouvais disposer d’Internet pour chercher. Cela me manque.

À la fin l’héau, où me mènent toutes ces sornettes ? Et César ne trouve mieux que de se lécher les pattes… ©

L’homme seul # 37 § La révolte gronde au palais. ©

21 janvier 2010

« Qu’à servir mon courroux tout l’enfer se prépare » Hippolyte et Aricie, opéra de Jean-Philippe Rameau, acte II, 1733

Ah, je m’en souviendrai de cette planète.

Je n’ai pas encore digéré le passage des pseudos motards criminels. Cette césure absurde m’a véritablement sonné. J’en suis venu à me demander avec qui je voudrais vivre et quelle serait la société à laquelle je rêverais. En tentant d’exclure toute pensée stupidement politiquement correcte.

Est-ce que je rêve d’un monde parfait ? Je ne crois pas. L’enfer, à mes yeux, pourrait bien être ce monde « parfait » auquel certains rêvent. Vous vous souvenez de la série « Le prisonnier » que jouait avec brio Patrick McGoohan ? Il était agent secret au service de Sa Majesté la reine d’Angleterre et je ne me souviens plus pourquoi mais il a voulu se retirer à un moment donné. Les services secrets l’ont capturé et envoyé dans un village où il n’était connu que sous le nom de « Numéro 6 ». Je t’épargne les détails l’héon mais ce Village où il était ne lui permettait pas de s’échapper. À chaque fois qu’il essayait, un immense ballon roulait vers lui et le terrassait. Il se réveillait de retour dans sa chambre. C’était la fête continuelle dans ce Village. Le beau parc, la fanfare, les ballons, les élections truquées.

Quelquefois, en écoutant nos politiciens, j’avais l’impression qu’ils rêvaient d’un petit ou d’un immense Village semblable. Finis les graffitis, finie la violence, que des petites fêtes au Jardin botanique ou au casino de Hull avec des buffets à pièces montées préparées à prix fabuleux par des entreprises amies du parti au pouvoir pour des invités du même parti. Le bonheur quoi !

Ces même élus étaient trop débiles pour comprendre que c’étaient justement leurs agissements mafieux qui produisaient la graine de soldats pour les gangs de rue et les diverses maffias québécoise, chinoise, italienne, iranienne, grecque, nippone, etc. En fait ils le savaient très bien mais faisaient semblant de ne rien voir pour plaire au bon peuple honnête à qui les principes de droiture avaient été inculqués par l’église pour permettre aux dominants de concentrer entre leurs serres de rapaces les biens et le pouvoir.

Y a-t-il moyen de concevoir une société basée sur autre chose que le vol, le mensonge, la rapine, le viol, l’exploitation des autres et de leurs faiblesses ?